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Aider à apprendre, aider aux méthodes de travail : une mission dévolue au formateur !

11 décembre 2022
Aider à apprendre, aider aux méthodes de travail : une mission dévolue au formateur !

Que disent les études sur la désaffection pour les études ?

Des études scientifiques[1] et des travaux de recherches de cadres de santé formateurs apportent des éléments de compréhension : Céline HENNIQUAU[2] dégage un profil d’étudiant-type, permettant de généraliser que la plupart des étudiants intègrent l’Institut de Formation en Soins Infirmiers dès l’obtention de leur baccalauréat avec un désir sincère du métier. Ce n’est donc pas un choix par défaut. Il demeure que leurs représentations du métier et de ses exigences semblent peu ajustées au réel.

Mais qu’est-ce qui ne va plus ou qu’est-ce qui semble plus difficile actuellement ?

Comme l’exprime Marie, formatrice, « si la motivation n’est pas le problème, qu’est-ce qui fait problème alors ? »

L’étude de Céline rapporte que les apprenants expriment des besoins de soutien affectif et un accompagnement dans les méthodes d’apprentissage.

De cette façon, l’étayage du formateur (ou de la formatrice) prend en compte cette réalité. Le formateur ajoute à ses tâches d’ingénierie pédagogique, des activités de conseil dans les méthodes de travail, de soutien dans la gestion des ressources internes (confiance en soi, estime de soi, capitalisation des expériences passées…) et dans celles des ressources externes (soutien social et psychologique…).

Ceci fait écho aux recherches de M. Houart[3] qui propose un cadre théorique pour expliquer les déterminants de la réussite dans les études. Nous l’avons modélisé comme suit en le nommant : Triangle vertueux de l’apprentissage

triangle

En effet,

  1. La motivation est la force qui pousse à l’engagement. Selon Viau[4], elle est déterminée par :
    • le sentiment de la valeur de ce que l’on vise,
    • le sentiment de compétence pour y arriver,
    • le sentiment de contrôlabilité qui est le sentiment d’avoir du pouvoir ou des leviers sur sa situation.

Mais ça ne suffit pas. Même motivé un étudiant a besoin de courage. C’est là qu’entre en jeu la volonté dite aussi volition[5]. Or cette volition, qui est le « fait d’aller jusqu’au bout de sa tâche même en cas de fatigue ou de distracteurs » fonctionne comme un muscle qui se travaille et s’épuise. Il faudra faire attention aux activités en bout de chaîne !

Les études de M. Houart[6] montent que, c’est l’emploi de nombreuses stratégies d’apprentissage qui va soutenir la motivation et la volition. Plus les étudiants sont performants dit-elle, plus ils utilisent un nombre important de stratégies d’apprentissage.

Que sont les stratégies d’apprentissage ?

Les stratégies d’apprentissage rassemblent un ensemble de ressources, techniques, trucs et astuces qui vont participer à aider et à soutenir la motivation, l’engagement, les efforts pour aller jusqu’au bout du travail demandé et réussir.

Ces stratégies d’apprentissage vont toucher des domaines émotionnels (pour se dynamiser quand on n’a pas envie, quand on n’aime pas la matière), des domaines dans l’organisation de son environnement ou de son temps, des domaines cognitifs pour bien organiser ses notes et bien mémoriser.

Il existe plus de 50 stratégies d’apprentissage qu’un formateur peut conseiller ! Partager, communiquer sur ses stratégies permet d’enrichir sa palette de stratégies.

C’est d’autant plus important qu’on sait que ces stratégies d’apprentissage sont peu conscientes et que les étudiants utilisent toujours les mêmes, jugées par les sciences cognitives comme peu efficaces, comme celles :

  • d’aller en cours avec une attention plus ou moins porteuse,
  • à la maison faire des fiches,
  • souligner,
  • lire et relire ses notes !

Lire ses notes est une stratégie coûteuse ! Il vaut mieux réactiver les connaissances par des tests et des questions que l’on se pose à soi-même ou en groupes pour consolider les réseaux neuronaux sur ces savoirs.

Même s’il existe plusieurs conseils à donner, c’est ce partenariat entre l’étudiant, le groupe de pairs et le formateur, qui va nourrir la motivation, et l’autorégulation des apprentissages (réflexivité) vers une professionnalisation assurée et assumée.

« Aider à apprendre : méthodes de travail » : est la formation que le GRIEPS propose aux formateurs pour s’outiller sur ce thème !

 


[1] Mireille Houart, Chercheur et pédagogue chez Université de Namur
[2] Céline HENNIQUAU (cadre de santé formateur) Centre hospitalier Pierre Oudot, Institut de Formation aux Professions de Santé, 16 rue du Bachollet 38300 BOURGOIN-JALLIEU, France.
[3] Houart, M. (2017a). L’apprentissage autorégulé : quand la métacognition orchestre motivation, volition et cognition. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur, 33(2). Repéré à http://journals.openedition.org/ripes/1246
[4] Viau, R. (2009). La motivation en contexte scolaire. Bruxelles, Belgique : De Boeck
[5] Volition : « Acte de s’engager et de persévérer dans une activité d’apprentissage » (Noël et Cartier, 2016, p. 16). « État dynamique dans une situation donnée en lien avec la volonté et qui permet à l’étudiant de s’engager dans l’activité choisie et de s’y maintenir même en cas de fatigue, de difficulté ou de distraction (Corno, 1986, 1989, 1993, 2001 ; Cosnefroy, 2011 ; Baillet et al., 2016 ; Poncin et al., 2017).
[6] Houart, M. (2017b). Réussir sa première année d’études supérieures. Louvain-la-Neuve, Belgique : De Boeck supérieur.
Auteur : Hélène BELOU – Formatrice consultante au GRIEPS

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