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La formation : nouveaux paradigmes pour une performance attendue au service de la santé

16 mai 2017
La formation : nouveaux paradigmes pour une performance attendue au service de la santé

Cela explique certainement le choix qu’ont fait les législateurs au travers des loi et décret sur l’ANI de 2014 et 2015 qui réorientent très clairement les budgets de la formation (dans le secteur privé) en réduisant à un seuil minimal l’obligation dévolue au plan de formation continue. Cependant, il est laissé l’autonomie à chaque organisation de la dépasser et de l’ajuster en fonction de l’investissement nécessaire et réalisable pour la pérennité et le développement de celle-ci. Dans une période de recherche d’économies, cet énorme budget a été un des premiers à être examiné afin de le maîtriser voire de le restreindre. Cependant, il doit continuer à être considéré comme une priorité pour faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain et permettre à chaque acteur de jouer pleinement son rôle sans le souci de l’insécurité quant à sa capacité et ses compétences, et développer son empowerment dans le cas où d’autres voies s’imposeraient, ou mieux, s’offriraient à lui.

De nouveaux paradigmes sont donc à intégrer pour redonner à la formation la place qui est la sienne. Effectivement, il y a aujourd’hui clairement un déplacement des frontières entre différentes modalités et dispositifs qui ouvrent de nouvelles perspectives dans la façon de former.

La FOAD (formation distancielle, e-learning, mixte…) met à distance le formateur et l’apprenant et désynchronise souvent les temps d’action de l’un et de l’autre. Cela conduit à plus d’autonomie et d’implication pour l’apprenant, et pour le formateur à un changement très important de rôle et de posture.

Les temps de formation se raccourcissent fortement jusqu’à parler aujourd’hui de Speed-Learning, de micro-formations… ou en quelques minutes, grâce en particulier aux nouvelles technologies, vous pouvez acquérir l’essentiel des connaissances sur un sujet, ou vous (ré)approprier une nouvelle technique ou pratique professionnelle.

Si les formations en dehors du terrain (en salle, en inter…) ont l’avantage de la distanciation, de la modélisation, de la confrontation des expériences et du benchmarking elles peuvent également pâtir du manque de projection nécessaire à la transposition sur le terrain et la situation de travail de l’apprenant.

Les « classes inversées » visent quant à elle à inverser les étapes et les rôles, les cours étant étudiés en amont par les apprenants (qui ici encore sont fortement sollicités et impliqués dans un rôle plus actif) et les heures d’apprentissage (soutenues par le formateur) étant consacrées aux analyses et aux applications.

L’évaluation de la formation est un sujet de plus en plus intégré dans les offres de formation. Mais rares sont celles qui sont en capacité de dépasser l’évaluation de la satisfaction et celle des connaissances pour toucher du doigt l’évaluation des changements, ou mieux, l’impact en termes de résultat. Au-delà d’un élément d’un dispositif, cette évaluation va par ailleurs constituer une exigence et un enjeu pour la légitimé des programmes de formation proposés mais suppose un étroit partenariat entre le formateur et la structure de l’apprenant.

L’approche FEST (Formation En Situation de Travail) fait actuellement l’objet d’expérimentation à l’initiative de la DGEFP avec la perspective d’une prise en charge par les OPCAs. « Le cadre de cette pédagogie s’appuie sur la valeur formative du travail et permet le développement de la formation professionnelle ». Elle présente l’intérêt de la souplesse de l’adaptabilité et peut s’organiser seule ou comme élément d’un dispositif plus complet ; elle suppose un positionnement préalable et une évaluation ainsi qu’accompagnement du salarié.

Ainsi donc, la formation dès aujourd’hui et encore plus demain sera différente, innovante, performante si elle veut conserver son sens.

L’évolution vers une ubérisation de la formation profile également une nouvelle tendance qui interroge. Elle permet à des acteurs, souvent free-lance, de proposer une offre de formation de manière souvent plus souple et réactive et parfois également plus économique. Ce positionnement suppose cependant d’être en cohérence quant à l’augmentation des exigences qualité qui tendent à professionnaliser l’activité (décret qualité des organismes de formation de 2015).

Ces évolutions ont pour le moins le mérite de pousser à faire évoluer les anciens modèles vers plus de souplesse et d’efficacité au service d’une véritable formation tout au long de la vie. C’est ainsi un nouveau défi partagé pour les acteurs historiques (OPCA, organismes de formation, entreprises…) qui doivent repenser les dispositifs et professionnaliser la formation et en démontrer leur plus-value, leur éthique et leur efficacité. 

Auteur : Véronique BELLIARD

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