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Les aides-soignants au coeur du soin à la personne âgée

15 novembre 2012
Les aides-soignants au coeur du soin à la personne âgée

L’avancée dans la grande vieillesse s’accompagne souvent d’inconfort et peut être rendue pénible par la survenue de maladies.

Ce qui devient difficile « c’est de s’adapter à un monde intérieur et extérieur, intime et personnel, en constant changement » témoigne une personne âgée.

Mais le vieillissement est aussi cette période de la vie où la finesse et la subtilité sont plus importantes que la force.

« L’un des privilèges de la vieillesse, c’est d’avoir, outre son âge, tous les âges » disait Victor Hugo.

L’avancée dans la vie est bien de savoir qui l’on est et non pas ce que l’on a. Elle nous invite à la perspective de la fin.

Vieillir n’est-ce pas aussi l’émerveillement face à la jeunesse ?

« La faculté d’émerveillement est donc l’un des grands signes de la jeunesse des personnes âgées » 4

En effet, le coeur, lui, ne vieillit pas.

Le vieillissement est l’affaire de tous, et « Prendre soin » d’une personne âgée renvoie à l’humanité qui habite chacun de nous.

LE PRINCIPE DE SOLIDARITÉ

« Selon ce principe, les personnes appartenant à la même communauté humaine sont liées par une responsabilité collective pour s’accorder une aide mutuelle et une obligation de porter assistance à celui qui est atteint par les aléas de la vie. Il s’agit donc d’un principe de civilisation. Il permet de créer le lien social, là où des actions volontaires et réfléchies ont pour but de corriger les inégalités de la nature. Ce principe est à la base de notre système de santé. Il garantit le droit de chacun à la protection de sa santé et à une prise en charge quels que soient son âge ou son infirmité.
Ce principe maintient aussi le lien entre les générations, entre les actifs qui peuvent produire et les inactifs qui ne peuvent plus participer au système de production en raison de leur âge ou de leur maladie
». 1

Le principe de solidarité énoncé par le professeur Blanchard, est au coeur de l’activité des soignants qui travaillent au plus près des personnes âgées fragiles.

En effet, ils assurent la conception du « care », ces soins essentiels à la continuité de la vie et placent au centre de leurs actions le principe de solidarité qu’interroge le juste soin.

« En étant à l’écoute, ils donnent par des « petits riens » le sentiment d’exister encore, « ces petits riens » qui deviennent la valeur ajoutée, destinée à devenir une valeur intégrée et partie intégrante de la professionnalisation des soins. »2

LA PERSONNE ÂGÉE JUSTIFIE UNE APPROCHE PARTICULIÈRE

La fréquence de la polypathologie des personnes âgées impose une approche globale reposant sur la gestion de cette polypathologie et de ses comorbidités, et la gestion de la complexité médico-psycho-socio-environnementale.
Face à la complexité de ces situations de soins et d’accompagnement, et afin de participer à l’optimisation de la qualité de vie des personnes âgées, les actions menées vers les professionnels doivent porter sur la globalité du soin.
L’approche globale a pour finalité l’optimisation de la qualité de vie à travers la prise en charge des troubles affectant la sphère cognitive, les troubles psycho-affectifs et comportementaux, les pathologies somatiques, la prévention des risques et la mise en oeuvre de la bientraitance.

La personne âgée se caractérise par un état de fragilité qui nécessite que sa prise en charge soit assurée par des professionnels compétents dans le domaine de la gériatrie.

Les compétences essentielles pour respecter la personne âgée désignent l’ensemble des connaissances, des habiletés et des attitudes nécessaires pour pratiquer la gérontologie.
Elles constituent un des prérequis pour une pratique efficace en gérontologie et contribuent à l’approche globale de la personne âgée. Ces compétences peuvent prévenir une atteinte à la santé et améliorer la qualité de vie des personnes âgées vulnérables.
Les besoins humains définis par Maslow : besoin de sécurité, d’appartenance, d’estime et de s’accomplir, pourraient être moins pris en compte dans l’approche générale des soins proposés aux personnes âgées par les professionnels.

« Il s’agit de réfléchir ensemble à tout ce qui pourra procurer le meilleur confort possible, pour une partie de l’existence, dont il ne nous appartient pas de juger de la durée, mais à la qualité de laquelle nous avons le devoir de contribuer ». 6

Le rôle des aides-soignants auprès des personnes âgées et de leurs proches est de première importance. Cette mission engage les compétences attendues des professionnels et en corollaire, entraîne des implications sur la formation.
En phase, avec l’évolution du profil et des personnes atteignant un âge avancé souffrant de pathologies chroniques et des personnes en fin de vie, une évolution des pratiques et de leur organisation est nécessaire.
Comment développer de nouvelles approches, optimiser une approche humaniste et relationnelle, et personnaliser le soin ?
Au-delà de son poste de travail ou de sa fonction, chacun existe avec ses limites et les potentialités de son humanité. Le soignant est confronté à ses difficultés, ses préjugés, ses peurs, mais il peut aussi découvrir la reconnaissance et le soutien qu’apportent la professionnalisation et le développement des compétences.

L’AIDE-SOIGNANT EST UN MAILLON CENTRAL DANS LE SOIN AUX PERSONNES ÂGÉES

Dans le cadre de « l’Année Européenne 2012 du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle », le GRIEPS s’est intéressé plus particulièrement à la place qu’occupent les aides-soignants auprès des personnes âgées et propose à ce titre de compléter ou développer un parcours de professionnalisation en gérontologie.

Les aides-soignants donnent, en effet, le soutien indispensable à la vie des personnes les plus faibles. Ils prennent soin de l’estime de soi et valorisent la beauté de la vieillesse.

L’aide-soignant porte ainsi un rôle majeur dans le bien-être et le confort des personnes âgées dont il prend soin.
Les soignants doivent cependant accepter de ne pas tout comprendre de ce qui arrive à l’autre, comme par exemple dans la maladie démentielle, « ce mystérieux plongeon dans une maladie où l’on s’absente progressivement du monde. »3

Le questionnement d’une soignante illustre le propos ci-dessus de Marie de Hennezel : « Comment faire pour ne pas les perdre ? » et témoigne de ce souci de l’autre que les aides-soignants ont au quotidien.

Leur action porte sur deux points essentiels :

  • l’aide et l’accompagnement dans la vie quotidienne, l’aide-soignant assure ces soins « de la continuité de la vie »,
  • l’observation des alertes, l’aide-soignant joue un rôle d’observateur soucieux de tous ces détails importants.

Deux temps… deux réalités pour le même soin :

  • le premier, c’est le temps, ce temps minimum incompressible, pour répondre aux besoins de chacun,
  • le second, c’est le temps affectif, le temps éprouvé, vécu, le temps de l’épreuve, de la maladie ou de la vieillesse, la manifestation du devenir, pour la personne âgée accompagnée.

« C’est ce « main… tenant », un temps de vie souvent abordé dans la solitude et le secret5

Pour les personnes âgées, parler de leur vie, le sens qu’elles lui donnent, ce qu’elles appréhendent et ce qui leur tient à coeur, c’est le temps de la vie comportant un début et une fin. Pour le soignant, c’est aussi ce temps ouvert à la présence de l’autre, à son plaisir de vivre, cette présence à l’écoute de la parole silencieuse des désirs.

Il n’est plus nécessaire aujourd’hui de démontrer, que l’influence et la force des liens sociaux constituent la clé et le coeur de la qualité de vie, quel que soit l’âge.


1: Professeur François Blanchard. Plusieurs éléments sont extraits d’un texte remis pour l’expertise INSERM sur la maladie d’Alzheimer et du livre « Alzheimer : vous avez dit démence ? » de François Blanchard, Gérard Chemla, René Daval, Didier Martz, Isabella Morrone, Jean-Luc Novella, Élisabeth Quignard, aux Éditions le Bord de l’Eau.

25 : La Bientraitance au soir de la vie : J. Bégoin, C. Bergeret-Amselk, J-M. Lafond, Sangaré, B. This – Éditions Belin.

34 : Marie de Hennezel et Bertrand Vergely, Une vie pour se mettre au monde, Mai 2011, Librairie Générale Française, Pages 29, 38.

6 : Professeur Louis Ploton. Maladie d’Alzheimer à l’écoute d’un langage. Chronique sociale. Lyon. Page 115.

Auteur : Corinne DEMAISON

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