Sommeil, santé et soins
La récente feuille de route interministérielle en faveur d’un sommeil de qualité positionne le sommeil comme enjeu de santé majeur¹. En effet, la science et les sociétés savantes avancent. Elles explorent, expliquent et justifient de plus en plus cette valorisation du besoin de « dormir ». Mais lorsque nous dormons, notre cerveau travaille et nos grandes fonctions se régulent quel que soit notre âge² ³.
Le sommeil : un enjeu majeur de santé publique, physique et mentale
Le sommeil est aujourd’hui reconnu comme un déterminant majeur de santé publique¹. La diminution du temps de sommeil, son irrégularité et la forte prévalence des troubles ont des conséquences sanitaires, sociales et économiques importantes⁵. Le sommeil se révèle comme un levier central de prévention, au même titre que l’alimentation ou l’activité physique.
Assurément, dormir participe activement à la régulation des grandes fonctions somatiques : métabolisme, immunité, régulation hormonale, fonctions cardiovasculaires, récupération et performances sportives³ ⁵. Toute désynchronisation des rythmes circadiens altère ces équilibres complexes et peut majorer l’exposition à certaines pathologies².
Nos thymies ne sont pas en reste : tout le monde est plus facilement irritable lors d’un déficit de sommeil même ponctuel. Au-delà de cela, les relations entre sommeil et santé mentale sont bidirectionnelles. Les troubles du sommeil sont à la fois symptômes, facteurs de risque et parfois facteurs de persistance des troubles psychiques, notamment anxieux et dépressifs². La régularité veille-sommeil constitue alors une considération thérapeutique à part entière².
Le sommeil : une prise en compte tout au long de la vie
La dette de sommeil peut intervenir très tôt dans nos vies. À l’adolescence, le retard de phase physiologique expose à une dette de sommeil chronique et précoce. Ses conséquences concernent les apprentissages, la régulation émotionnelle et la santé mentale² ⁴. Une prévention précoce et une éducation au sommeil sont indispensables⁴.
Le vieillissement s’accompagne également de modifications physiologiques du sommeil (avance de phase, réduction du sommeil lent profond réparateur…), qui ne sont pas nécessairement pathologiques³. La priorité doit être donnée aux approches non médicamenteuses et à une évaluation globale, afin de préserver l’autonomie et la qualité de vie⁶.
Par ailleurs, la qualité du sommeil impacte la mémoire et l’entretien des capacités cognitives à tout âge² ³.
Le sommeil et les professionnels de santé
En tant que personnels de santé, nous sommes souvent doublement concernés :
- Pour prendre soin du sommeil des usagers et respecter les habitudes de coucher ou de sieste.
- Parce que nous sommes souvent soumis à des horaires atypiques, exposant aux risques de désynchronisation des rythmes biologiques⁵.
Pour ces raisons, le GRIEPS propose des formations alliant qualité des soins et qualité de vie au travail.
La complexité, voire la fragilité de nos mécanismes chronobiologiques nous appellent à la connaissance de ces phénomènes, leur préservation par une approche holistique pluridimensionnelle. En effet, les troubles du sommeil sont à la fois somatiques, psychiques, environnementaux et sociaux. Ils s’inscrivent souvent dans l’histoire de vie de chacun.
Ainsi, qu’il s’agisse de dimension préventive, diagnostique ou curative, les approches s’inscrivent toujours dans un accompagnement pluriel s’inscrivant lui-même dans LE TEMPS.
Références scientifiques et professionnelles
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Ministère de la Santé (2025). Feuille de route interministérielle en faveur d’un sommeil de qualité 2025-2026.
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Geoffroy P-A. (2025). Sommeil et santé mentale : Troubles du sommeil et des rythmes biologiques associés aux troubles psychiatriques. Elsevier Masson.
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Royant-Parola S. (2024). Notre sommeil, une urgence absolue – Manifeste pour une écologie du sommeil. Odile Jacob.
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Réseau Morphée (2018). Peut-on mobiliser les collégiens sur la question du sommeil ? – Le sommeil de l’enfant.
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INSV – Institut National du Sommeil et de la Vigilance (2025). Enquêtes nationales sur la durée, la qualité du sommeil et la somnolence diurne.
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HAS (2007) – Haute Autorité de Santé. Recommandations sur la prise en charge de l’insomnie chronique, la limitation des hypnotiques chez la personne âgée et la priorité aux approches non médicamenteuses.